Washington, Crise en Haiti – Face à l’escalade de la violence en Haïti, l’administration Trump presse le Conseil de sécurité des Nations unies d’approuver une nouvelle Force internationale de répression des gangs (FRG), marquant un revirement après un soutien initial optimiste à la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS).

Une crise sécuritaire hors de contrôle

« Haïti est à un point de rupture. Une réponse internationale rapide et coordonnée est impérative », a déclaré Barbara Feinstein, secrétaire d’État adjointe aux affaires caribéennes, lors d’une conférence de l’Organisation des États américains (OEA) à Washington. Cette urgence fait écho à une situation chaotique : les gangs armés paralysent les institutions, attaquent des véhicules blindés et provoquent des déplacements massifs de civils, comme en témoignent des images relayées sur les réseaux sociaux.

Pourtant, en août 2023, Mme Feinstein exprimait un tout autre ton. Lors d’une conférence de presse avec des journalistes haïtiens, elle se disait « encouragée » par les progrès vers une force multinationale pour soutenir la police haïtienne, affirmant que les États-Unis étaient « très optimistes » quant à une résolution rapide à l’ONU. Elle promettait un soutien « fort et solide » en personnel, équipement et formation, avec une mission kenyane de reconnaissance prévue à Port-au-Prince. Cette initiative, estimée à 200-400 millions de dollars par an selon le Miami Herald, était alors vue comme cruciale.

Un revirement américain face à l’échec de la MMAS

Deux ans plus tard, la MMAS, dirigée par le Kenya, n’a pas tenu ses promesses. Avec seulement 1 000 officiers déployés sur les 2 500 prévus, la mission peine à contrer les gangs et voit son mandat expirer en octobre 2025. Les États-Unis, qui avaient initialement financé et soutenu cette initiative, ont récemment gelé une partie de leur contribution, signalant leur désengagement. À la place, Washington, en partenariat avec le Panama, promeut la FRG, une force plus ambitieuse de 5 500 personnels, approuvée par le gouvernement haïtien. Ce projet vise à renforcer les capacités locales pour rétablir l’ordre face à la criminalité organisée, avec une approche plus robuste que la MMAS.

Un appel urgent à la communauté internationale

« La stabilisation d’Haïti exige un engagement collectif. Chaque jour d’inaction aggrave la souffrance du peuple haïtien », a insisté Mme Feinstein. Alors que l’ONU est sous pression pour approuver la FRG, le succès de cette initiative dépendra de ressources financières et d’une volonté politique soutenue. Les regards sont tournés vers le Conseil de sécurité, où une résolution est attendue prochainement.